Aphénylbarbite 15 mg/50 mg/100 mg

 

Composition

Principe actif: phenobarbitalum.

Excipients: excipiens pro compresso.

 

Forme galénique et quantité de principe actif par unité

1 comprimé Aphénylbarbite contient: phenobarbitalum 15 mg ou 50 mg ou 100 mg.

 

Indications/Possibilités d'emploi

Epilepsie, états d'agitation, convulsions fébriles.

Utilisé à titre d'adjuvant pour les traitements de sevrage.

 

Posologie/Mode d'emploi

La posologie doit être adaptée au patient de façon individuelle (mesure des taux sanguins) et on devra utiliser la dose efficace la plus faible.

Adultes

1 à 3 mg/kg de poids corporel par jour; la dose journalière maximale est de 600 mg.

 

Enfants et adolescents

Si une utilisation du médicament devait s’avérer nécessaire chez des enfants ou des adolescents, une dose indicative de 3-4 mg/kg de poids corporel par jour est proposée, en raison de leur métabolisme plus élevé.

Il n’est pas possible de faire des propositions de posologie pour les nourrissons et les petits enfants.

 

Instructions posologiques spéciales

Chez les patients atteints d'une diminution de la fonction rénale ou hépatique, la dose à administrer doit être réduite. Les concentrations plasmatiques thérapeutiques se situent entre 10 et 40 µg/ml.

 

Contre-indications

Hypersensibilité au phénobarbital.

Intoxication aiguë par des médicaments agissant sur le système nerveux central: hypnotiques, tranquillisants, stimulants et analgésiques ainsi que l'alcool, la dépendance médicamenteuse et la consommation simultanée d'alcool. Porphyrie hépatique, troubles graves de la fonction rénale et hépatique et lésions myocardiques.

 

Mises en garde et précautions

Contre-indications relatives

Le phénobarbital ne doit être administré qu'avec prudence chez les patients présentant des douleurs aiguës ou chroniques, car des états d'agitation paradoxale peuvent être observés ou des symptômes importants peuvent être masqués. La prudence est également de rigueur chez les patients présentant un trouble de la conscience ou des états confusionnels consécutifs à des troubles de la perfusion cérébrale.

La prudence est par principe de rigueur chez les patients présentant une insuffisance respiratoire en raison de l'effet de dépression respiratoire du phénobarbital.

 

Mises en garde et précautions

Le phénobarbital est un inducteur des enzymes dégradant les médicaments dans le foie et stimule de ce fait le métabolisme des autres produits pharmaceutiques. Pour les détails, voir sous «Interactions».

Une dépendance peut se développer lors d'une prise régulière de phénobarbital. L’arrêt brusque du traitement peut conduire à un syndrome de sevrage et à des crises convulsives cérébrales.

Le phénobarbital peut perturber le métabolisme de la vitamine D et conduire ainsi au développement de maladies osseuses. Il peut être nécessaire d'administrer de la vitamine D à titre prophylactique.

Un traitement de longue durée aux anticonvulsivants peut entraîner une diminution des taux d'acide folique. Contrôler régulièrement les patients à risque et envisager un traitement à l'acide folique et à la vitamine K1 (voir également «Grossesse» et «Effets indésirables»).

En raison du risque de photosensibilisation (hypersensibilité à la lumière de la peau), il convient d'éviter toute exposition élevée au soleil pendant l'administration de phénobarbital.

Des cas de réactions cutanées mortelles (syndrome de Stevens-Johnson) et de nécrolyse épidermique toxique (NET) ont été rapportés en relation avec l'administration de phénobarbital. Les patients doivent être informés des signes et symptômes de ces effets indésirables sévères et faire l'objet d'une étroite surveillance concernant l'apparition de réactions cutanées.

Le risque d'apparition de SSJ ou de NET est le plus élevé au cours des premières semaines de traitement. Toute apparition de signes ou de symptômes de SSJ ou de NET (p. ex. éruption cutanée progressive, souvent avec formation de vésicules ou lésions des muqueuses concomitantes) exige l'arrêt du traitement par phénobarbital. Un diagnostic précoce et l'arrêt immédiat de tout médicament suspect sont déterminants pour l'évolution du SSJ et de la NET, ce qui signifie que l'arrêt précoce améliore le pronostic.

Après l'apparition d'un SSJ ou d'une NET en relation avec l'administration de phénobarbital, le patient ne pourra plus être traité avec du phénobarbital ultérieurement.

Il ne faut pas consommer d’alcool pendant le traitement.

Des pensées et des comportements suicidaires ont été rapportés chez des patients traités avec des antiépileptiques pour différentes indications. Une méta-analyse d'études randomisées, contrôlées contre placebo avec des antiépileptiques a également révélé un risque légèrement accru d'apparition de pensées et de comportements suicidaires. Le mécanisme d'activation de cet effet indésirable n'est pas connu et les données disponibles n'excluent pas la possibilité d'un risque accru en cas de prise de phénobarbital.

C'est pourquoi les patients doivent faire l'objet d'une surveillance concernant l’apparition de pensées et comportements suicidaires. Un traitement approprié doit être envisagé à cet égard. Il faut conseiller aux patients (et aux personnes chargées de leurs soins) de se procurer une aide médicale en cas d'apparition de pensées ou de comportements suicidaires.

 

Interactions

L'utilisation prolongée de phénobarbital peut provoquer une induction des enzymes hépatiques microsomales; en d'autres termes, la biotransformation des produits pharmaceutiques qui forment le substrat de ces enzymes hépatiques peut être accrue d'un facteur de 2 à 3.

Les effets des anticoagulants oraux, des antiépileptiques, des dérivés de la coumarine, de la digitoxine, de la doxycycline, de la griséofulvine et des hormones stéroïdiennes tels que les androgènes, les progestatifs, les œstrogènes (cave: contraceptifs oraux!) et les glucocorticoïdes sont diminués par le phénobarbital. L'éventuelle perte d'activité lors d'une prescription concomitante de médicaments contenant les classes de principes actifs susmentionnées devrait être considérée et la dose devrait être adaptée en conséquence.

Les médicaments dépresseurs du système nerveux central et/ou l'alcool, administrés de façon simultanée avec le phénobarbital, peuvent potentialiser mutuellement leurs effets.

La toxicité du méthotrexate est majorée par le phénobarbital.

Les concentrations sériques du phénobarbital peuvent être potentialisées par l'utilisation concomitante d'acide valproïque.

 

Grossesse/Allaitement

Aphénylbarbite ne doit pas être administré pendant la grossesse, sauf en cas de nécessité absolue.

La prise de barbituriques pendant le premier trimestre de la grossesse est mise en relation avec une augmentation de la fréquence de certaines malformations fœtales, p.ex. une hypoplasie des doigts et des orteils, des dysmorphies cranio-faciales et des troubles du développement cognitif.

Il faut en outre indiquer que des troubles du développement incluant aussi des malformations ont été observés 2 à 3 fois plus souvent chez les enfants de mères épileptiques que dans un groupe de contrôle sain.

Une grossesse devrait ainsi être soigneusement planifiée chez les femmes épileptiques. Le type de traitement et sa nécessité devraient être réévalués. Une thérapie antiépileptique nécessaire ne doit pas être interrompue durant la grossesse, car une aggravation de la maladie peut avoir des conséquences négatives pour le fœtus. En particulier entre le 20 e et le 40 e jour de grossesse, la dose administrée devrait être aussi faible que possible. L'association avec d'autres médicaments doit être évitée afin de diminuer les risques; une monothérapie est conseillée. La thérapie doit être surveillée étroitement durant toute la grossesse, mais aussi après l'accouchement (contrôles des taux sériques et EEG).

L'administration d'acide folique est généralement conseillée durant la grossesse et des doses de vitamine D peuvent être utiles dans la prévention de l'ostéomalacie.

Des troubles de la coagulation et des complications hémorragiques ont été décrits chez le nouveau-né après la prise de phénobarbital durant la deuxième moitié de la grossesse. L'administration prophylactique de vitamine K à la mère dans les dernières semaines de la grossesse et au nouveau-né après l'accouchement est nécessaire afin d'éviter des complications hémorragiques.

L'administration de barbituriques peu avant ou pendant l'accouchement peut conduire à une dépression respiratoire chez le nouveau-né.

Des symptômes de sevrage sont susceptibles de survenir chez le nouveau-né si la mère a reçu régulièrement du phénobarbital.

Le phénobarbital passe dans le lait maternel et y atteint 40% de la concentration plasmatique maternelle. Du fait de la sensibilité plus élevée de l'organisme infantile, la quantité de phénobarbital absorbée avec le lait peut entraîner une somnolence chez le nourrisson.

 

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Aphénylbarbite a une forte influence sur l’aptitude à la conduite ou à l’utilisation de machines.

Ce médicament peut, même s’il est utilisé de façon appropriée, affecter la capacité de réaction au point de compromettre la capacité de participation active à la circulation routière ou de se servir de machines. Cet effet est renforcé par la consommation simultanée d’alcool.

 

Effets indésirables

Circulation sanguine

Rarement: des anémies aplasiques et mégaloblastiques, une pancytopénie, une thrombocytopénie, une leucopénie, une agranulocytose et des hémorragies. Une anémie mégaloblastique peut être traitée par l'acide folique.

 

Troubles du système nerveux

La sédation généralisée doit être prise en compte lors d'un traitement avec du phénobarbital.

Fréquemment: signes généraux de sédation centrale (obnubilation, fatigue, somnolence, léthargie, prolongement du temps de réaction, limitation de la capacité de jugement, troubles de l'élocution, vertiges) ainsi que céphalées et neuralgies. Des ataxies et des troubles visuels réversibles (nystagmus, diplopie) peuvent également survenir et indiquer une intoxication.

Occasionnellement: en particulier chez les enfants et les patients âgés, il est possible de développer des états d'agitation sous phénobarbital (réactions paradoxales avec impatience, agressivité et état confusionnel). Il est nécessaire de considérer la possibilité d'une exacerbation chez les enfants avec une tendance hypercinétique.

 

Troubles cardiovasculaires

Des troubles du rythme cardiaque ont été particulièrement observés après l'administration de doses élevées. Une bradycardie, une hypotension et un choc ont été surtout observés après une application parentérale de phénobarbital.

 

Organes respiratoires

L'effet de dépression respiratoire peut être plus prononcé lors d'une obstruction des voies respiratoires et de lésions cérébrales.

 

Troubles gastro-intestinaux

Rarement: nausée, vomissement, constipation.

 

Troubles hépatiques

Rarement: des troubles de la fonction hépatique allant jusqu'à la nécrose hépatique, des élévations des enzymes hépatiques (en particulier des g-GT) et des porphyries.

 

Troubles cutanés

Rarement: des réactions d'hypersensibilité essentiellement sous forme d'altérations cutanées diverses (1-3%), d'une photosensibilisation, d'exanthèmes et d'un lupus érythémateux systémique.

Des réactions de type immédiat ont également été décrites, à savoir une urticaire et un angioedème.

Des réactions cutanées sévères (p.ex. syndrome de Stevens-Johnson, syndrome de Lyell) sont également apparues dans des cas isolés.

 

Troubles musculosquelettiques

Fréquemment: des troubles du tissu conjonctif comme myalgies, arthralgies.

Il est possible de développer une ostéomalacie et une hypocalcémie en particulier lors d'une thérapie au long cours. On a rarement observé une contracture de Dupuytren.

 

Des cas de diminution de la densité osseuse, d'ostéopénie, d'ostéoporose et de fractures ont été rapportés chez des patients ayant pris du phénobarbital pendant une longue durée. Le mécanisme par lequel le phénobarbital influence le métabolisme osseux n'est pas connu.

 

Surdosage

Symptômes d'une intoxication

SNC: somnolence, dysarthrie, ataxie, nystagmus, vertiges, céphalées, confusion, sommeil profond, coma (avec réaction à la douleur progressivement décroissante), modifications de l'EEG jusqu'à la ligne zéro, hypothermie. Au stade précoce, les pupilles sont contractées, ensuite mydriatiques, en règle générale, elles réagissent à la lumière.

Respiration: dépression respiratoire menaçant déjà potentiellement le pronostic vital aux stades précoces du coma.

Circulation: hypotension artérielle, choc (cardiogénique par la diminution de la contractilité myocardique, hypovolémique, neurogène).

Peau: lésions cutanées bulleuses caractéristiques (dans 4 à 7% des cas) et nécroses de pression chez les patients comateux (la plupart du temps dans les 24 heures).

Sur le plan musculo-squelettique: rhabdomyolyse.

 

Thérapie d'une intoxication

Dans les cas légers durant la phase précoce de l'intoxication (1 à 2 heures après la prise), décontamination primaire par une administration unique de charbon actif (par voie orale, adultes: 70 g, enfants 1-2 g/kg sous forme de suspension aqueuse) et substitution de liquide abondante.

Dans les cas sévères, décontamination primaire par un lavage d'estomac dans la première heure suivant l'ingestion; en cas d'inconscience, procédez d'abord à une intubation. Ensuite, décontamination primaire par l'administration de charbon actif comme décrit auparavant. En outre, décontamination secondaire par l'administration répétée de charbon actif (adultes 35-50 g toutes les 4 heures, enfants 0,5-1,0 g/kg) pendant 3 jours ainsi que diurèse forcée. Les contre-indications du charbon actif (iléus, etc.) et de la substitution de liquide accrue (insuffisance cardiaque, etc.) ainsi que la protection de l'aspiration doivent être observées. Une diurèse alcaline par du bicarbonate de soude (cave hypokaliémie) accélère l'élimination du phénobarbital (pH ciblé de l'urine 7,5-8,0) par la diminution de la résorption tubulaire. De même, l'élimination du phénobarbital peut être accélérée par l'hémodialyse et la dialyse péritonéale.

 

Propriétés/Effets

Code ATC : N03AA02

Le phénobarbital partage les effets des autres barbituriques hypno-sédatifs. Le phénobarbital est utilisé dans la thérapie anticonvulsivante.

 

Pharmacocinétique

Absorption

La biodisponibilité est de 70 à 90%. Le début de l'action est compris entre 20 et 60 minutes après l'application.

On atteint des concentrations plasmatiques maximales en 8 à 12 heures et des concentrations intracérébrales maximales en 10 à 15 heures.

La durée de l'effet sédatif est de 6 à 8 heures.

 

Distribution

In vitro, 20 à 45% du phénobarbital sont liés aux protéines plasmatiques. Le volume de distribution est de 0,7 l/kg.

Après l'absorption, les barbituriques sont distribués rapidement dans tous les tissus, en particulier dans le foie et dans le cerveau.

Concentrations plasmatiques:

10 à 40 µg/ml: effets anticonvulsivants, sédatifs et hypnotiques.

>50 µg/ml: coma.

>80 µg/ml: issue létale.

Le phénobarbital traverse la barrière placentaire et passe en quantités faibles dans le lait maternel.

 

Métabolisme

Le phénobarbital est hydroxylé pour l'essentiel dans le foie en p-hydroxyphénobarbital inactif et partiellement conjugué. Le phénobarbital est un inducteur des enzymes dégradant les médicaments dans le foie et il augmente par conséquent le métabolisme de phénobarbital et d'autres substances médicamenteuses.

 

Elimination

Approximativement 25% d'une dose sont éliminés dans les urines sous une forme inchangée, alors qu'environ 75% sont éliminés sous forme de sulfates, de glucuronides et de métabolites p-hydroxy.

La demi-vie d'élimination du phénobarbital dépend de l'âge, de la fonction hépatique et du pH urinaire. Elle correspond à 3-7 jours chez le nouveau-né, à 3 jours chez l'enfant et à 2-4 jours chez l'adulte. La demi-vie plasmatique augmente jusqu'à 4-8 jours en présence d'une cirrhose hépatique.

Une alcalinisation et/ou un accroissement du volume urinaire augmente la quantité de phénobarbital inchangé excrétée.

 

Cinétique pour certains groupes de patients

Insuffisance rénale

L'élimination est notablement ralentie en cas d'une limitation de la fonction rénale, ce qui nécessite une réduction de la dose.

 

Données précliniques

Des données précliniques se rapportant à l’utilisation de la préparation ne sont pas disponibles.

 

Remarques particulières

Stabilité

Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention „EXP“ sur le récipient.

 

Remarques concernant le stockage

Conserver à température ambiante (15-25°C) et à l’abri de la lumière.

A tenir hors de portée des enfants.

 

Numéro d’autorisation

12175 (Swissmedic)

 

Présentation

Aphénylbarbite comprimés 15 mg: 30 et 100*.

Aphénylbarbite comprimés (sécables) 50 mg: 20* et 100*.

Aphénylbarbite comprimés (sécables) 100 mg: 20* et 100*. [B]

 

Titulaire de l’autorisation

Streuli Pharma SA, 8730 Uznach

 

Mise à jour de l'information

Septembre 2013